Marque d’une nouvelle génération d’urbains, ADRESSE va à la rencontre de ceux qui s’engagent pour la ville.

Découvrez « Engagés pour la ville », une série de portraits d’acteurs de la cité qui inspirent notre vision.

Fondateur de Weezevent et de Vélotour, l’entrepreneur Pierre-Henri Deballon est un homme investi sur tous les fronts. Président de Paris & Co, il agit, avec cette association de la ville de Paris, pour la transformation durable de la cité en s'appuyant sur les start-ups.  Il nous explique son action et sa vision de la ville.


Est-ce que tu peux te présenter, dire un peu qui tu es, ce que tu fais ? 

Je m'appelle Pierre-Henri Deballon et je suis le co-fondateur de Vélotour qui est une balade insolite à vélo qui permet de découvrir sa ville de façon inédite. Et puis, je suis aussi le co-fondateur de Weezevent, une société de billetterie en ligne. Autour de ces activités entrepreneuriales, je suis le président de Paris & Co. qui est l'agence de développement et d'innovation de la mairie de Paris et de sa métropole et qui accompagne notamment les start-ups dans leur développement. 


Qu'est-ce que tu fais au quotidien pour rendre ta journée plus agréable, plus plaisante ? 

Déjà, j'ai la chance d'avoir un métier qui me plaît et j'ai tout fait pour être heureux de me lever le matin et d'aller au travail et je crois que c'est important, ça rend déjà les journées plus agréables. C'est un premier point.

Et puis, je fais en sorte de vivre dans un cadre qui est le plus agréable possible, à la fois sur les bureaux, à la fois sur la notion de transport aussi, d'essayer de trouver des modes de transport qui me correspondent bien et qui me permettent d'être à l'aise et de passer des bons moments. Et puis, toute la famille aussi. C'est l'autre pan, une fois que la journée est finie ou avant qu'elle commence, d'être heureux de se retrouver dans un cadre dans lequel on est bien et qui permet de recharger les batteries avant de réattaquer. 


Est-ce que bien s'habiller ou le confort d'un vêtement ça peut participer à rendre la journée plus plaisante ?

On ne peut pas dire que je sois un fan de mode, mais j'ai besoin d'être à l'aise dans mes vêtements. C'est le plus important.

J'essaie de faire en sorte d'être propre mais surtout à l'aise. J'aime pas être guindé dans des vêtements trop serrés. J'aime être à l'aise avec mes vêtements. Et puis d'être assez passe-partout, d'être à la fois détendu parce que je n'ai pas envie de renvoyer une image trop stricte. Mais en même temps, de renvoyer une image qui fait quand même professionnel et qui permet d'évoluer dans différents milieux. Un peu passe-partout, un peu comme je le suis là, avec un t-shirt et en même temps une veste qui permet d'avoir un côté un peu plus formel et le t-shirt plus à l'aise, mais sans donner l'impression de ne pas bien s'habiller ou de ne pas respecter son interlocuteur. Parfois, il faut aussi s'habiller un peu en fonction de son interlocuteur. 


Comment, à travers ton engagement, tu participes à faire progresser le plaisir de vivre en ville ? 

Je pense que mon engagement le plus important, il est avec Paris & Co. qui est une association.

C'est l'agence de développement économique de Paris et sa métropole dont la mission est d'agir avec les entrepreneurs. Moi, je suis un entrepreneur et ça me parle beaucoup. C'est agir avec les entrepreneurs pour la transformation durable de la cité.  

Il y a un aspect économique, mais avec une finalité et une logique d'impact, de telle sorte que nos actions puissent bénéficier à tous.

Dans Paris & Co, il y a effectivement des start-ups comme on les connaît qui lèvent des fonds. Mais il y a aussi beaucoup de start-ups qui ont un objet social, un objet sociétal.

On a un programme autour du handicap, on a des programmes autour de l'insertion notamment dans le Nord-Est parisien, avec de super initiatives qui touchent des publics pas forcément entrepreneurs tels qu'on les voit dans les médias, mais des publics en difficulté et avec des missions d'expérimentation aussi locales sur des tests, des bonnes pratiques qui peuvent après être dupliquées en fonction de leur impact sur la vie de tous les jours.

C'est ce qu'on essaie de mettre en œuvre et c'est là-dessus, en donnant un peu de mon temps et de façon bénévole, que j'essaie d'être le plus actif.

Et après, professionnellement, dans mes métiers, Vélotour, c'est de faire découvrir la ville. C'est une forme d'amour de la ville. C'est dire qu'il y a des trésors cachés, il y a des choses qui ne sont pas accessibles et pendant une journée, on va les rendre accessibles à vélo. Et le vélo permet de casser des barrières sociales. Il le permet à tout type d'âge. On a des gens très jeunes et puis des gens jusqu'à 86 ans, avec une grande parité, sans logique de compétition. Entrer dans des lieux où souvent je dis que c'est des inaugurations sans costume et sans cravate, on parlait de vêtements tout à l'heure. Mais on vient avec son vélo, on va pas forcément profiter du Zénith tous les quatre matins ou du stade de foot, mais c'est l'occasion de voir cette infrastructure qui a été payée collectivement et de se réapproprier des lieux et des lieux aussi moins rigolos. On est entrés dans une prison, des lieux commerciaux parce que c'est aussi la vie d'aller dans des magasins et des lieux de vie. On est passés dans des stations d'épuration comme ça. C'est pas très glamour, mais c'est aussi intéressant de voir comment ça se passe parce que nos déchets, il y a une finalité derrière. C'est toute cette logique là qu'on met en avant avec Vélotour. Et sur Weezevent, on n'a pas une mission à proprement parler autour de la cité, de notre impact sur la ville, mais on fait en sorte dans nos actions, dans ce qu'on est, dans ce qu'on représente, de ne pas nuire à tout cet écosystème. 


D'où t'est venue cette volonté de t'impliquer dans la vie de la ville ? 

Sur Paris&Co, on a été incubés, on a été aidés en tant que start-up. Et puis ça nous a apporté beaucoup en notoriété et en accompagnement. Et maintenant que Weezevent a grossi, que ça marche bien, je trouvais logique d'essayer de renvoyer la balle, de donner un peu de temps, d'essayer d'apporter cette expertise. Et puis, ce qui est intéressant, parce que c'est une agence, généralement, les agences, c'est plutôt des personnes plus âgées que moi qui en sont à la tête. Et en fait d'amener cette vision un petit peu plus jeune d'un ancien accompagné donc quelqu'un qui a bénéficié du service, c'est ce que j'essaie de porter dans l'agence. Ça fait plaisir d'être en adéquation avec une mission qui fait sens pour la ville, mais aussi pour les gens qui en bénéficient. 


Des exemples précis ? 

Celui qui me plaît plus, c'est l'arc de l'innovation porté par Paris&Co. C'est de soutenir des initiatives locales, notamment dans l'Est parisien, sur quatre quartiers, qui ont un impact positif à la fois sur les publics qu'on accompagne qui ne sont généralement pas l'archétype du startuper, plutôt des gens en difficulté et qui travaillent sur des projets qui ont un impact local et un impact positif sur la ville. Je trouve que c'est une super initiative et ça permet de mettre en parallèle d'autres start-ups qui lèvent des fonds dans les fintechs, qui sont peut-être un peu moins tournées vers l'aspect sociétal, l'impact positif. C'est intéressant dans cette structure de mélanger toutes ces expertises. 


Quelle serait ta ville rêvée ? 

Je viens de province. Déjà, j'adore la province et ce qui me manque dans une grande ville comme Paris, c'est la capacité de voir très rapidement ses amis. Je viens de Dijon et quand je voulais voir des copains, je prenais ma voiture et en cinq minutes, j'étais à l'autre bout de la ville. À Paris, on a tout, mais tout est très proche et très loin en même temps. Ce qui est le plus important pour moi, je crois que c'est la notion de transport et elle est essentielle parce qu'elle dicte aussi finalement la structure de la ville, les lieux de vie, les lieux de travail, les lieux de repos, les lieux de fête. Et plus d'espaces verts parce que je ne l'apprends à personne mais il y a une urgence climatique. Je crois qu'on a tous envie de se retrouver pour faire du sport ou avec des amis dans des endroits plus aérés. Un peu moins de béton aussi. On est à la défense aujourd'hui, c'est pas forcément le meilleur exemple, mais j'ai toujours un peu de mal avec tous les programmes immobiliers où on va venir casser une petite maison pour reconstruire une grande structure très condensée. Donc plus d'espace, plus d'espaces verts, des transports super accessibles pour être en capacité de voir ses amis et de profiter de la ville. Et puis, autre chose importante, être dans un milieu urbain c'est une chose mais avoir un cadre adapté, c'est autre chose.

Mais c'est aussi très important, je pense, d'avoir la capacité d'assez facilement pouvoir en sortir via des transports en commun ou via des réseaux adaptés pour pouvoir aller se ressourcer. Finalement, de devoir faire parfois une heure, deux heures de bouchons pour sortir de Paris ou faire beaucoup de transports en commun pour aller prendre son train, ça complique et ça emprisonne un peu plus dans une ville. Alors que finalement, si on peut profiter des avantages de la ville et aller se ressourcer à l'extérieur, ça me paraît très cool. 

 

Super, merci Pierre-Henri ! A bientôt.