Marque d’une nouvelle génération d’urbains, ADRESSE va à la rencontre de ceux qui s’engagent pour la ville.

Découvrez « Engagés pour la ville », une série de portraits d’acteurs de la cité qui inspirent notre vision.

Fondateur de Fluctuart et directeur d'ICART, l’entrepreneur Nicolas Laugero Lasserre préside aussi l'association Artistik Rezo. C'est la rencontre entre la vie urbaine et l'art qui lui a vraiment fait aimer vivre à Paris.  Il nous explique son action et sa vision de la ville.

 

Est-ce que tu peux te présenter, dire un peu qui tu es, ce que tu fais ? 

Je m'appelle Nicolas Laugero Lasserre et je suis l'un des fondateurs de Fluctuart, qui est un centre d'art urbain. En parallèle, je dirige l'ICART, une école d'ingénierie culturelle. Et puis, je préside une association qui s'appelle Artistik Rezo, qui est un média culturel en ligne, et je gère aussi une petite galerie d'art urbain.

 

Peux-tu nous expliquer ce qu'est Fluctuart ?

Fluctuart, c'est un projet qu'on a créé il y a maintenant un an, en 2019. On y a travaillé des années. C'est un centre d'art urbain, un lieu dédié au street art et au graffiti en plein cœur de Paris, sur la rive gauche, devant le Grand Palais.

 

On parle d'engagement dans la ville. Quelles sont les choses qui rendent ton quotidien plus agréable ? Qu'est ce qui te fait aimer la ville et te donne envie de t'engager pour sa métamorphose ?

Ce qui me donne à nouveau envie d'aimer la ville, ça a vraiment été d'arriver dans ce lieu. À Paris, on est souvent entre deux bâtiments ou dans une rue, il y a comme un sentiment d'enfermement. L'urbanité ça enferme un peu, alors qu’on a besoin d’étendue, on a besoin d’horizon, de perspectives, de nature. Depuis qu'on travaille sur ce projet, ça a vraiment changé mon rapport à la ville parce que les vues sont juste incroyables ; les vues sur la Seine, sur l'enfilade des ponts, la vue sur le Grand Palais, la tour Eiffel. Ça m'a apporté un "mieux vivre" dans la ville. Ça m'a redonné des perspectives dans cette ville et je crois que la Seine, l'axe de la Seine dans Paris, c'est vraiment exceptionnel pour ça et c'est pour ça que ça a inspiré autant d'artistes.

 

Tu parles d'inspiration pour les artistes, peux-tu nous parler un peu des artistes qui viennent ici ?

Ici, sur Fluctuart, on accueille des artistes qui sont issus de l'art urbain, du street art, du graffiti, donc des gens qui ont bâti leur ADN dans la rue, qui ont eu envie de dire des choses au plus grand nombre, de partager leurs convictions, qui ont eu envie aussi d'offrir un art gratuit, militant pour tout le monde. C'est ça qui caractérise le street art et qui fait que ce mouvement me passionne depuis vingt ans. Ce sont ces artistes là que l'on accueille, des artistes qui ont envie de partager leur art avec le plus grand nombre et c'est la raison pour laquelle nous avons créé un lieu accessible à tous, gratuit, vraiment dans un esprit militant.

 

C'est le premier centre urbain Paris. Est-ce que tu ressens un essor de l'art urbain, une reconnaissance de cet art depuis plusieurs années ?

Effectivement, on a donc un lieu qui est le premier lieu consacré à l'art urbain à Paris, le premier centre d'art urbain. Et l'idée, c'était vraiment de trouver un toit pour ces artistes d'art urbain. Toutes les institutions, et on en a beaucoup à Paris, étaient souvent prudentes dans le rapport à l'art urbain et étaient souvent assez réservées, ou alors faisaient rentrer l'art urbain par la petite porte. Et on voulait vraiment un lieu dédié pour un mouvement qui le méritait, pour des artistes qui le méritaient. D'où l'idée de cet écrin qui a été construit par un des meilleurs architectes qui s'appelle Gérard Ronzatti, et qui a construit un écrin incroyable dans cet emplacement, justement en l'honneur de ces artistes urbains, pour ces artistes qui viennent nous dire des choses, défendre des points de vue, un regard sur la société.

 

À travers ton engagement, comment participes-tu au bien-être de la ville ? Qu'est-ce qu’apporte Fluctuart à la Ville de Paris ?

Une des fiertés qu'on a avec ce lieu, c'est de l'avoir rendu entièrement gratuit. Toutes les visites guidées également sont gratuites grâce à mes étudiants de l'ICART qui viennent ici faire un apprentissage pédagogique. Ce mouvement est devenu tellement important au fil des années, et c'est un mouvement dans lequel beaucoup de jeunes gens se retrouvent. Notre fierté, elle est vraiment d'avoir amené ce jalon à la ville, d'avoir apporté cette énergie.

 

Dessine-nous ta ville rêvée.

Ma ville rêvée, ce serait une ville probablement plus douce, avec beaucoup de nature dans l'espace urbain, du vert, ce serait une ville avec évidemment de l'art, parce que je pense qu'on vit mieux avec de l'art donc avec peut-être encore un peu plus de murs peints, un peu plus de libre expression pour les artistes. Mais ce serait une ville avec un rythme probablement un peu plus doux. Je sens souvent une certaine dureté parfois dans la ville, en particulier après 25 ans passés ici. Un rythme un peu plus lent, plus de vert, plus d'art dans la ville.

 

Y a-t-il des lieux qui t'inspirent plus que d'autres et qui te font te sentir bien à Paris ?

Les lieux dans lesquels je me sens bien dans la ville, c'est la Seine puisque j'y passe une grande partie de mon temps. Avec ce rapport à l'eau, aux perspectives dont on parlait, on a vraiment un sentiment de bien-être. C'est pour ça que les gens sur le rooftop prennent autant de plaisir à voir des perspectives, le coucher du soleil. Ce rapport à la nature, à l'eau, est très important pour moi. Ce que j'aime aussi, ce sont les parcs dans lesquels on a véritablement des bouffées d'oxygène et où l'on peut se ressourcer, revivre un peu, ou alors ce sont des quartiers dans lesquels le bâtiment va ramener une dimension de patrimoine. Un de mes quartiers préférés, c'est le quartier de Saint-Germain. C'est pas extrêmement original, c'est un quartier très touristique aujourd'hui, mais moi, dans ce quartier, je m'y sens bien. Je sens la vie des pierres, des bâtiments, des immeubles, je sens le passé qui est là. Ça me plaît beaucoup. Et aussi une inspiration du passé séculaire de ce quartier.

 

Est-ce que la façon de t'habiller influe sur ton bien-être au quotidien ?

Je pense que la tenue qu'on porte est extrêmement importante. Le matin, quand on enfile quelque chose, c'est souvent en rapport avec son humeur ou avec la journée que l'on va passer. D'ailleurs, ce matin encore, je me suis dit "tiens, qu'est-ce que j'ai aujourd'hui ?" pour savoir ce que j'allais mettre. Ça va aussi influencer l'humeur de la journée donc je crois que c'est extrêmement important de se sentir bien dans ses vêtements et qu'ils soient en phase avec notre style de vie. Parfois, c'est aussi intéressant de détonner un peu, c'est à dire d'arriver dans une tenue dans laquelle, peut-être, on ne nous attendrait pas. J'aime bien le petit grain de folie des vêtements. J'aime bien détonner, à l'image de ce petit liseré sur mon pantalon, un peu comme un cow-boy ou un indien.

 

Merci beaucoup Nicolas, à très vite !