L’évolution était latente depuis quelques saisons et les dernières collections printemps/été n’en ont finalement été que le révélateur ultime. Le cool tailoring ou neo-suiting s’inscrit désormais comme un incontournable du vestiaire masculin, complétant des garde-robes de plus en plus adaptées à des usages multiples.

Popularisé par Uniqlo il y a quelques mois, magnifié par Kim Jones chez Dior ou encore Virgil Abloh pour Louis Vuitton en 2019, le cool tailoring, nouvelle façon d’aborder le costume, plus décontractée, urbaine et libre fait des émules. Vogue l’a d’ailleurs mis à sa une, affirmant que cette « nouvelle approche de la couture brise les classiques de l'élégance et redéfinit le terme “chic”. » Riccardo Tisci, directeur artistique de Burberry, en a fait un des arguments de ses dernières présentations : « Nous parlons tous de la rue et j'étais l'un des premiers à le faire, mais nous avions oublié les coupes sophistiquées et la couture Savile Row (rue des tailleurs haut de gamme à Londres, ndlr). Le creuset de la créativité et des traditions du style, du punk et rebelle au formel et raffiné, tout coexiste. » Et se mélange donc !

Sébastien, ancien directeur artistique et styliste chez Quicksilver ou Chevignon, notamment reconverti dans le conseil, détaille : « Cela fait quelques temps que le neo-suiting a émergé. Cela a bouleversé la façon d’aborder le tailoring en général car il existe toujours un respect et une envie de costumes traditionnels, bien coupés, dans de belles matières provenant de maisons centenaires, mais il y a aussi un certain désir, pour le quotidien, de sortir du look à la papa où il fallait forcément faire ressortir la carrure. Aujourd’hui, les urbains ont envie de produits plus légers et souples, pratiques tout en gardant du style. C’est une sorte de quadrature du cercle. Pour les pantalons, on garde des structures assez classiques car l’éventuelle contrainte se situe essentiellement autour de la ceinture : le tissu n’est pas figé par la structure même du vêtement mais il peut y avoir des ajouts malins pour pouvoir être plus à l’aise dans les mouvements notamment. Ensuite, tout se joue dans la veste. Elle doit être comme une seconde peau avec tout de même un minimum de structure. Ce sont des vestes que l’on va pouvoir mettre n’importe quand, on va pouvoir aller au travail avec, en soirée, se déplacer à vélo, voyager aussi. On peut bouger, faire de grands gestes. Cela peut toucher un public assez large. La personne qui n’a pas l’habitude de porter un costume mais qui va devoir le faire n’aura pas de problème à s’inscrire dans ce style. »

Ancien coursier à vélo parmi de multiples boulots, Clément a le profil type d’un potentiel adepte. Habitant à Argenteuil, il part à vélo jusqu’à la gare la plus proche de chez lui, rejoint Saint-Lazare en train puis reprend son deux-roues jusqu’à son travail où il est directeur commercial dans une société de conseil : « Je dois porter deux voire trois jours par semaine des tenues habillées pour des rendez-vous clients et ça n’est pas toujours simple d’arriver clean au bureau. Pour moi, la plus grosse contrainte c’est d’abord la transpiration. Si je pars avec une chemise, une veste, un manteau plus un sac, même quand je roule doucement, je transpire et la chemise est presque bonne à jeter à la poubelle en arrivant. Ce que je fais habituellement, c’est que je pars en tee-shirt avec une chemise pliée dans le sac ou alors j’en laisse quelques-unes au travail. Le second truc qui peut coincer, même si c’est finalement plus rare, ce sont les grosses pluies. Là, la parade que j’ai c’est un truc du type coupe-vent Décathlon avec un bon rapport qualité/prix. Même chose pour protéger les pantalons. Sinon je mets souvent des chinos de golf qui sont très bien conçus, je n’en ai jamais craqué un. Pour ce type de vêtements, il faut vraiment quelque chose de très technique avec un bon rapport qualité/prix. Si les questions de style et de praticité, respiration sont là, je pourrais mettre un budget plus conséquent. Car monter sur un vélo avec un costume, tu as tout de suite l’impression de faire 10 kg de plus. Le pantalon peut te serrer vite les cuisses, si tu es maladroit, tu peux avoir des soucis avec la graisse de ta chaine… Et moi je ne fais même pas tout en vélo ! »

Il faut donc des vêtements qui répondent à un nombre de critères très élevés. Et c’est avec ces contraintes qu’Adresse développe ses produits. Notre consultant style Sébastien abonde et précise que des marques, comme Ted Baker et d’autres, accordent une place de plus en plus prépondérante au smart tailoring : « La technicité des matières et des montages, c’est ce qui fait la différence aujourd’hui grâce à de nouveaux acteurs qui font bouger les choses, comme Adresse. Avant, cela ne pouvait se trouver que chez des marques japonaises très pointues. Aujourd’hui, cela se démocratise. Mettre un élastique dans le dos d’un pantalon justement parce qu’il va y avoir du mouvement, cela donne un côté un peu plus sport pour plus d’adaptabilité. Il y a aussi les tissus stretch, qui ne se froissent pas, qui sont déperlants. Sans parler de tissus “intelligents”, il y a des qualités techniques qui accompagnent ces changements. Et avec une coupe moderne, ajustée, assez classique en termes de silhouette avec un certain raffinement, cela fonctionne parfaitement bien. C’est très urbain. »

Chez Adresse, la collection capsule intitulée MOVE épouse cette vision. Les ensembles vestes pantalons prochainement disponibles ont été pensés sur deux dimensions nous explique Pierre, co-fondateur de la marque : « Les dimensions “usage” et “mouvement” nous obsèdent. On veut comprendre le problème des hommes qui veulent se déplacer en vélo tout en adoptant un style tailor. Étant moi-même un vélotafeur invétéré, j’avais quelques idées mais les utilisateurs nous ont beaucoup aiguillés. On a trouvé des matières stretch, déperlantes, légères et résistantes qu’on a conjuguées avec des constructions, notamment pour le pantalon, qui assurent une parfaite aisance mêlée à une résistance accrue. »

Dans cette capsule, vous pourrez découvrir la veste CAMBRONNE et le pantalon TUILERIES tous deux déclinés en 3 matières.