Fondateur de Morning Coworking, réseau d’espaces de coworking, du site Bureaux à partager et du logiciel Link, le tout réuni au sein du groupe BAP, Clément Alteresco innove depuis plus de 7 ans dans un tissu urbain qui change. Son ambition ? Accompagner du mieux possible les mutations dans le monde du travail. Pour ADRESSE, il se livre dans notre rubrique « un trajet avec » sur son rapport à la ville, ses soubresauts, son évolution, mais aussi aux vêtements !

 

Clément, sur quel trajet on se retrouve aujourd’hui ?

Comme pour le travail, je gère plusieurs espaces de coworking, j’ai plusieurs trajets très réguliers. J’habite au centre de Paris, à Etienne Marcel, donc ça peut varier entre 3 grands points de chute : République, ce qui n’est pas très loin, Courcelles et Drouot. Je me balade pas mal sur la rive droite de façon générale. Et dans le quartier central des affaires. Mais en général, je vais faire 2/3 lieux minimum dans la journée. Aujourd’hui, on se retrouve sur mon trajet vers Drouot !

 

Est-ce ton trajet préféré ?

Pas forcément. Ce que j’aime le plus, à Paris, c’est prendre les quais… J’adore. Dès que je peux les emprunter, je le fais. Maintenant, une partie des voies sur berges a été fermée, donc c’est différent d’il y a quelques années. Aller voir l’eau et la Seine est toujours un plaisir. Après, Paris est une ville tellement belle qu’il y a beaucoup de trajets très sympas à arpenter.

 

As-tu un trajet détesté ?

Dès qu’il faut prendre le métro, c’est assez difficile pour moi. Je n’aime vraiment pas aller sous terre ou me sentir enfermé. Paris est déjà assez asphyxiante avec ses petites rues ! Dès que je vois une terrasse ou que je peux être en hauteur, j’y vais. Pour mon appartement, c’est étage élevé obligatoire. J’ai besoin de voir plus loin.

Combien de temps de trajet as-tu chaque jour ?

Cela varie en fonction des rendez-vous et des moyens de transport ! Je suis en scooter, en trottinette, à pied ou en taxi s’il pleut. Le premier, j’essaye de le prendre de moins en moins car ça devient vraiment un enfer de le conduire dans Paris.

 

Un trajet, est-ce une contrainte ou un temps plaisir pour toi ?

Je vois vraiment ça comme une contrainte. C’est pour ça que j’utilise moins le scooter et un peu plus la trottinette. Car la conduire me donne du plaisir ! Il y a une impression de lenteur relative et tu peux vraiment t’amuser avec, zigzaguer... Quand je suis en trotti’, j’ai l’impression d’être un hors-la-loi (rires) ! Il y a un côté je fais ce que je veux même s’il faut quand même respecter le code de la route. En revanche, quand il pleut, c’est tout de suite moins fun. Mais là je prends un taxi et je travaille dedans. En fait le matin, je décide au dernier moment de comment je vais me déplacer.

 

Tu évoquais le fait d’avoir 3 grands points de chute dans ta routine de déplacement, pourtant le groupe BAP, avec en particulier Morning Coworking, se déploie en Ile-de-France sur 20 espaces… Il faut être bon en orientation pour savoir où et comment y aller ?

Il le faut (rires) ! Mais je triche, je suis un Parisien pur souche donc je connais bien la région. Morning Coworking est en effet un réseau d’espaces de coworking sur Paris et la première couronne. On a 20 espaces qui accueillent des indépendants, des startups, des grands groupes. Cela fait 6 000 personnes environ qui viennent bosser chez nous chaque jour. C’est une activité vraiment très intense car on doit mixer des gens dans un même espace pour qu’ils puissent travailler sereinement mais aussi pour qu’ils apprennent à se connaître et créer des synergies. Aujourd’hui, on est 105 personnes dans le groupe BAP avec un site web, Bureaux à partager, et le logiciel Link, qui aide à gérer les espaces.

 

Comment expliques-tu ce succès ?

Ce que l’on ressent, c’est qu’il y a beaucoup de facteurs qui font que le travail est en train d’évoluer. On a, depuis 20 ans, un impact phénoménal du digital qui amène avec lui des nouveaux outils. Et des nouveaux usages. La mobilité notamment. Le télétravail n’en est qu’à ses débuts tout comme le nomadisme, les slasheurs. Tout ça est en train d’impacter la façon dont on travaille en général. Et il y a des nouvelles aspirations de la part des nouvelles générations qui n’ont plus envie de faire comme papa/maman. Notre mission est de s’inscrire dans cette tendance, de créer des espaces où il fait bon travailler, où les gens se retrouvent aussi. Le lien social est vraiment très important et on essaye de le favoriser. Le digital se développe mais les gens ont besoin de partager, d’échanger des idées. On accompagne ces mutations et on essaye d’être un des acteurs forts pour que demain on travaille mieux.

 

Tout ça avec style…

J’essaye ! Avec quelques pièces d’ADRESSE justement. J’adore les chinos notamment ! Surtout je m’habille le week-end comme en semaine. Je n’ai pas de « costume » de travail. Je pense que l’entreprise doit en finir avec ce fameux costard et ses conventions imposées. Cela fait partie de la culture d’entreprise que j’essaye d’infuser. Cette dichotomie entre la personne au travail et celle à la maison est une bêtise. Les gens ont besoin d’être eux-mêmes. Je pense que ça rend chacun plus en harmonie, plus franc, meilleur en général.

 

As-tu une pièce qui fait la différence sur tes trajets ?

C’est mon sac Qwstion. Je l’ai vu dans un magasin et j’ai su que c’était lui. Je cherchais un sac à dos pour la trottinette depuis un moment : je ne le voulais pas trop grand mais quand même avec du volume. Et celui-ci est très bien. Il est assez fin et je peux y glisser mon ordi ou mes affaires de sport, des documents et quelques autres trucs. Je suis fan de mon sac, ce qui est rare car j’en ai eu pas mal mais il y avait toujours quelque chose qui clochait. Celui-là est vraiment top. Il manque peut être d’un peu de renforts sur les bretelles mais je ne le porte pas toute la journée donc ça va !

 

Commet ton trajet quotidien s’inscrit-il dans le trajet de ta vie ?

Je ne sais pas vraiment. Mon aspiration c’est d’essayer de faire des choses intelligentes pour les gens qui m’entourent. Avoir une certaine forme d’impact avec mon entreprise, mais aussi avec ma famille et mes amis. La chose qui m’intéresse le plus aujourd’hui, c’est d’avoir un impact positif sur le monde. Avec la planète que l’on est en train d’atomiser, je me demande comment changer les choses, comment amener une brique à la façon dont on va devoir vivre demain. On a assez peu idée des changements qui vont arriver. Je pense que j’ai une personnalité qui correspond bien à cette nécessité de mutation, je m’adapte bien au changement. J’aime ça même. J’aime la surprise et l’inattendu. J’ai envie d’essayer d’être un acteur de ce monde qui va devoir changer de manière générale.

 

Quelle est la chose la plus folle arrivée sur un de tes trajets ?

J’ai déjà eu quelques frayeurs en scooter… Deux sont assez drôles car je me suis fait rentrer dedans par un médecin, mais c’était vraiment bénin, et j’ai eu un accident un peu plus grave avec une ambulance. Au moins, j’ai toujours quelqu’un de compétent pour s’occuper de moi si ça tourne vraiment mal ! On peut dire que je suis assez chanceux sur ce point.

 

Un trajet a-t-il déjà changé ta journée ?

Mes trajets sont l’occasion de beaucoup d’idéations. En fait quand je suis sur mon scooter ou en trottinette, il y a une sorte de concentration naturelle liée au déplacement mais du coup j’ai des idées qui me viennent. Souvent je m’arrête et je note un truc. Parce que c’est un moment où mon cerveau n’est pas en marche mais il l’est quand même. C’est souvent un moment créatif.